SOMMAIRE :
Le sacré

Un territoire


Le bâti


Les activités


COURAGE EXEMPLAIRE
Eugénie Labolle, Juste parmi les Nations

Malakofiotte de longue date, Eugénie Labolle, pendant la seconde guerre mondiale, à secouru au risque de sa propre liberté des enfants et une famille juive en les mettant à l’abri chez elle dans sa maison située dans une impasse à Malakoff et dans la Nièvre. Yad Vashem, le Mémorial de la Shoah lui a décerné en 2004 le diplôme d’honneur des « Justes parmi les Nations » qui incarnent le meilleur de l’humanité.
11 adultes et 6 enfants ont eu la vie sauve grâce au courage et au dévouement d’Eugénie Labolle qui a réussi à préserver des nazis et de la gestapo toute une famille.

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Malakofiotte de longue date, Eugénie Labolle, pendant la seconde guerre mondiale, à secouru au risque de sa propre liberté des enfants et une famille juive en les mettant à l’abri chez elle dans sa maison située dans une impasse à Malakoff et dans la Nièvre. Yad Vashem, le Mémorial de la Shoah lui a décerné en 2004 le diplôme d’honneur des « Justes parmi les Nations » qui incarnent le meilleur de l’humanité.
11 adultes et 6 enfants ont eu la vie sauve grâce au courage et au dévouement d’Eugénie Labolle qui a réussi à préserver des nazis et de la gestapo toute une famille.

Cette distinction suprême décernée par l’Etat d’Israël à des non-juifs, marque la reconnaissance du peuple juif pour une aide apportée dans des situations où des juifs étaient impuissants et menacés de mort où de déportation vers les camps de concentration.

 

 

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LIEU DE MEMOIRE
La planque de Rol et Cécile Tanguy à Malakoff en 1944

La rue François Coppée situé près de l’Avenue Pierre Brossolette à quelques pas de la Maison des Arts, porte la mémoire d’un épisode de l’histoire de la Résistance aux nazis et de la Libération de Paris. Le numéro 11 fut une planque du résistant Rol-Tanguy et un QG préparatoire de l’insurrection de la capitale en 1944.

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La rue François Coppée situé près de l’Avenue Pierre Brossolette à quelques pas de la Maison des Arts, porte la mémoire d’un épisode de l’histoire de la Résistance aux nazis et de la Libération de Paris. Le numéro 11 fut une planque du résistant Rol-Tanguy et un QG préparatoire de l’insurrection de la capitale en 1944.

Une plaque rappelle qu’un appartement au numéro 11 de la rue François Coppée à Malakoff fut à partir de 1941 l’un des domiciles clandestins d’Henry Rol-Tanguy et du 14 au 18 août 1944 le siège d’une partie de l’état major régional FFI de la région P1 (1).

Si on dispose de peu d’information sur ce lieu de mémoire, il est attesté qu’il fut une planque de la Résistance et un QG de premier plan dans la préparation de la bataille de Paris.

Le colonel Rol-Tanguy (1908-2002), militant syndicaliste et communiste convaincu fut l’une des figures héroïque de la résistance armée de 1940 à 1944 et un chef de la libération de la capitale (2). Durant toute la période de l’occupation sa femme Cécile tiendra à partir de 1941 un rôle important d’agent de liaison et sa secrétaire qui dactylographiera les textes essentiels de la résistance parisienne et de l’insurrection.

Le 11 rue François Coppée fut pour le couple et d’autres résistants un lieu sûr pour éviter les arrestations. Car l’action de la résistance était devenue de plus en plus difficile et la vie clandestine une nécessité de plus en plus rude. Dans son livre Roger Bourderon rapporte quelques propos de Rol-Tanguy concernant cette période ; « Les dangers étaient de tous les instants et pouvaient surgir inopinément. La chasse au résistants systématique, soigneusement organisée, exigeait une vigilance continuelle et l’observation de règles strictes... » C’est ainsi que pour assurer son action clandestine Rol-Tanguy possédait plusieurs planques dans le 19ème arrondissement de Paris, au 10 avenue Verdier à Montrouge, à Antony, et à Malakoff au 11 rue François Coppée, une artère discrète à quelques centaines de mètres de la Porte de Chatillon.

 La planque devient QG durant quelques jours

A la fin de l’année 1943, Henri Rol-Tanguy est désigné par les Francs-Tireurs et Partisans (FTP) pour devenir membre de l’état major FFI de la région P1. Le débarquement en Normandie bouleverse la situation militaire. Rol est alors officiellement investi à l’unanimité chef régional des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI). Les planques de Malakoff et de Montrouge distantes de quelques centaines de mètres, vont alors occuper un rôle majeur durant quelques jours dans l’organisation de la libération de Paris. De là partiront des ordres généraux et certaines instructions capitales du commandement de la région P1 pour l’insurrection de Paris

Le 14 août Rol-Tanguy décide de faire partiellement sortir son état major de l’ombre. L’insurrection est proche, le moment lui semble venu de faire fonctionner plus collectivement l’état major et de préparer sa sortie de la clandestinité. « Le 14 août, dit-il, dans ses mémoires j’installe une partie de mon PC, le chef d’état major Cocteau-Gallois et le sous-chef le colonel Villate-Rethel au 103 avenue Verdier à Montrouge. Je dors moi-même sur place. Je fais installer le 3ème bureau et le commandant Brecy non loin de là au 11 rue François Coppée à Malakoff, une de mes planques des années précédentes... »

Le 17 août Paris et la proche banlieue sont en pleine ébullition. A Malakoff la résistance se prépare à passer à l’action. Persuadé qu’il est indispensable d’avoir des contacts au plus vite avec les alliés, Rol-Tanguy rencontre le 16 août au PC de Malakoff le lieutenant Mallet, officier FFI de Bretagne chargé d’établir la liaison avec Paris. Le 18 août Rol-Tanguy en accord avec le chef d’état major Gallois charge le comandant Brecy, chef du 3ème bureau à Malakoff, d’établir la liaison avec le commandement américain pour lui expliquer la situation parisienne et envisager toutes les mesures à prendre. Brecy doit alors rejoindre les éléments avancés de l’armée américaine. Son ordre de mission est tapé sur un tissu de soie cousu sur le revers de sa veste. Il part à bord d’une camionnette de boucher, muni de papiers allemands. Sa mission n’aboutit pas car un avion américain mitraille la voiture et tue tous ses occupants.

Ce même 18 juin, l’état major quitte Malakoff et Montrouge pour diriger l’insurrection jusqu’à la libération de la capitale à partir d’un nouveau QG installé sous la place Denfert- Rochereau à Paris.

A Malakoff quatre barricades vont s’élever dont l’une toute proche de la rue François Copée.

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Sources : Rol-Tanguy, par Roger Bourderon, aux Editions Taillandier (2004)

1) l’état major régional FFI de la région P1 désigné sous le nom de « Condé » représente un vaste ensemble subdivisé en quatre circonscriptions : P1 (Paris et Seine), P2 (Seine-et-Oise, Seine-et-Marne, Oise), P3 (Eure-et-Loir, Loiret, Loire-et-Cher, partie du Cher en ex-zone occupée, P4 (Yonne, Aube, Nièvre, partie de l’Allier en ex-zone occupée.

 2) Le colonel Rol Tanguy (1908-2002), voir fiche sur le site L’humanité.fr du 7/9/2012

Toute information sur ce qui s’est passé dans la planque et le PC du 11 rue François Coppée à Malakoff sera bienvenue. Merci

Rol et Cécile Tanguy dans le QG sous la place Denfert Rochereau en Août 1944

 

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SECONDE GUERRE MONDIALE
Les bombardements aériens du 3 juin 1940 sur Malakoff

Le lundi 3 juin 1940 la ville de Malakoff subit les bombardements aériens de l’aviation allemande visant à détruire les dernières unités de l’Armée de l’air Française et des sites industriels importants autour de Paris. Un bilan sérieux pour Malakoff : 3 morts et plus de 110 immeubles endommagés dont 5 entièrement détruits.

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Le lundi 3 juin 1940 la ville de Malakoff subit les bombardements aériens de l’aviation allemande visant à détruire les dernières unités de l’Armée de l’air Française et des sites industriels importants autour de Paris. Un bilan sérieux pour Malakoff : 3 morts et plus de 110 immeubles endommagés dont 5 entièrement détruits.

Le gros dossier conservé aux archives municipales de Malakoff rassemble une impressionnante documentation sur les demandes d’indemnisation de propriétaires d’immeubles de la ville à la suite des tragiques bombardements du 3 juin 1940 sur Paris et sa banlieue, trois semaines après le début de l’offensive allemande sur la France.

Le raid aérien massif de la Luftwaffe au nom de code « Opération Paula » a causé d’importants dégâts dans trois secteurs de la ville. La carte des impacts montre la concentration des quartiers de Malakoff touchés par les bombardements. Le quartier nord près de l’Ecole Supelec (Université Descartes aujourd’hui), autour du collège Paul Bert et la plus grosse concentration des dégâts sur les habitations au sud du cimetière le long de la rue Sabatier particulièrement sinistrée.

Selon l’inventaire réalisé par les services de la Mairie pour le Commissariat à la Reconstruction immobilière, 33 bombes sont tombées sur Malakoff détruisant entièrement cinq immeubles, endommageant 113 habitations privées, trois bâtiments commerciaaux et industriels dont l’usine de toiles cirées Walrand, et un bâtiment public, l’école Jean Jaurès sur la place du 11 novembre 1918.

Dommages collatéraux ?

La ligne de chemin de fer de Montparnasse au dépôt de Montrouge fut également touchée mais rapidement remise en état. Côté Vanves, 24 bombes furent meurtrières tuant 15 personnes et provoqueront des destructions notamment au Lycée Michelet.

Pourtant point de sites militaires stratégiques à Malakoff. Mais le sud et l’ouest parisien concentraient des lieux de fabrication pour l’armement et des terrains d’aviation en grand nombre. A quelques kilomètres de la ville notamment se trouvait l’aérodrome d’Issy-les-Moulineaux servant de base aux avions de l’Etat Major de l’armée française pour les liaisons. Quelques sites industriels étaient particulièrement visés : la cartoucherie Gevelot d’Issy-les-Moulineaux, les usines Citroën sur les quais de Javel, Renault à Boulogne-Billancourt, la ligne de chemin de fer Paris-Chartres et le dépôt de Chatillon...

L’objectif des allemands n’était pas un raid de terreur contre la population comme il y en aura tant par la suite durant le conflit mondial. La Luftwaffe voulait détruire les nombreuses bases aériennes de l’Ile-de-France. Des raids massifs en trois vagues comprenant plusieurs centaines d’appareils ont eu lieu le lundi 3 juin en début d’après midi. La DCA française restera inéfficace, la plupart des bombardiers allemands volaient à haute altitude.

« L’opération Paula » en banlieue parisienne se soldera par de nombreux dégâts matériels et par un bilan humain de 254 morts et de 562 blessés, des civils à 80%. L’armée de l’air française à perdu ce jour là 20 avions détruits au sol et 15 avions dans les airs. La Luftwaffe perdra elle 9 appareils.

Les bombardements aériens qui ont touché Malakoff feront trois morts. Au 25 Villa des Iris non loin de la ligne de chemin de fer. Lucienne Michaud 40 ans et son mari Lucien Michaud 45 ans sont tués dans la destruction de leur habitation. Au 5 avenue Anatole France Georges Picard 49 ans est lui aussi tué dans sa maison entièrement détruite par une bombe.

Il ne reste plus aucune trace visible aujourd’hui de ce douloureux évènement à Malakoff.

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Rues touchées par les bombardements du 3 juin 1940 : 23 rue Gabriel Crié, 32,33,34,35, 39,40 rue Sabatier ;95, 109 rue d’Arcueil, 226 route de Chatillon ; 5,7 rue Anatole France ; 5 voie de Bagneux, 3 rue Ponscarme ; 59,116, 127, rue Paul Vaillant Couturier ; 19 Villa Paulette ; 3 Villa des Iris ; 6 Villa Bourgeois ; 6 Villa Adnot ; 53 boulevard de Stalingrad (Usine Walrand) ;5 rue François Belloeuvre ; 16 rue Ledru Rollin ; 228, 230 Boulevard Pierre Brossolette...

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Sources : Archives municipales, dossier 5i sur les bombardements du 3 juin 1940 à Malakoff 

Revue Batailles aériennes N°47, janvier 2009 

Statistiques des destructions à Malakoff, 7 février 1942 (AMM)

 

 

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ANDRE ESPI
De Casablanca à Paris avec la 2ème DB de Leclerc

André Espi, Malakoffiot de longue date, ancien enseignant au lycée Louis Girard de Malakoff fut l’un de ceux qui ont participé à un épisode décisif de la seconde guerre mondiale : le débarquement en Normandie de la Division Leclerc et la Libération de Paris et de la région parisienne en 1944. Engagé durant de nombreuses années dans la transmission de la « Mémoire patriotique et combattante », André Espi témoignait régulièrement dans les établissements scolaires notamment dans les collèges de Malakoff. Son intervention comprenait toujours une mise en situation pédagogique par l’exposition d’un diorama avec des miniatures de véhicules militaires.

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André Espi, Malakoffiot de longue date, ancien enseignant au lycée Louis Girard de Malakoff fut l’un de ceux qui ont participé à un épisode décisif de la seconde guerre mondiale : le débarquement en Normandie de la Division Leclerc et la Libération de Paris et de la région parisienne en 1944. Engagé durant de nombreuses années dans la transmission de la « Mémoire patriotique et combattante », André Espi témoignait régulièrement dans les établissements scolaires notamment dans les collèges de Malakoff. Son intervention comprenait toujours une mise en situation pédagogique par l’exposition d’un diorama avec des miniatures de véhicules militaires.

« Ayant 20 ans en 1944 et habitant l’Algérie, j’aurais dû être appelé pour faire mon service militaire avec la classe 44. Le gouvernement provisoire du Général de Gaulle prit la décision d’avancer l’appel du contingent de la France libre d’une année. Ainsi, en octobre 1943, à 19 ans, je fus appelé à faire mes classes à Oran dans le quartier d’Eckmuhl. Les deux mois se sont vite passés après lesquels j’ai été affecté à Mascara. Je me suis inscrit au peloton des sous-officiers où l’instruction militaire était plus intense. Dans ce stage des sous-officiers nous avions un sous-lieutenant sortant de Saint-Cyr très sympathique et j’avais beaucoup de plaisir et un vrai enthousiasme d’apprendre avec lui quantité de choses pour devenir un bon soldat. Durant deux mois ce fut un bon stage, mais qui ne déboucha sur aucun rapport de stage et aucun grade ne fut proposé à notre promotion.

A la fin de cette instruction militaire on nous remis une feuille de route et avec tout notre groupe nous avons pris la direction de la forêt de Témara au Maroc près de Rabat-Salé. C’est là que se rassemblait la Deuxième Division Blindée du Général Leclerc.

Arrivé début 1944 j’ai été affecté au 12ème régiment des Chasseurs d’Afrique (12ème RCA) du Colonel Langlade rejoignant la vingtaine de mécaniciens de l’escadron hors rang (EHR).

Affecté à l’utilisation d’un char, le Sherman « Donon »

Le titre de Chasseurs d’Afrique vient de l’époque où l’on utilisait des chevaux pour les combats. En 1943 les chars ont remplacé les chevaux en l’occurrence des Sherman, des petits chars mais avec à l’arrière un moteur d’avion leur assurant une grande rapidité.

Le 12ème RCA était un régiment de combat comme les autres mais avec un rôle bien particulier.

Cet escadron comportait deux Sherman, une chenillette auto mitrailleuse (half track) équipée d’une mitrailleuse de 50, deux jeeps et douze camions GMC. Cet escadron était composé d’un adjudant-chef, un sergent-chef, un brigadier-chef et des soldats de différents lieux d’Afrique du Nord et de France.

Norbert était conducteur du Sherman « Donon », j’étais son coéquipier. Les deux chars de l’escadron étaient équipés d’un treuil à l’arrière qui leur permettait de soulever les véhicules en panne. Ils portaient à l’avant un tube à la place du canon car ces chars n’étaient pas destinés aux combats mais à la maintenance des engins.

Le travail de l’ensemble de l’escadron HR consistait à la maintenance des véhicules de tout le régiment. Dès huit heures du matin, après le petit-déjeuner, avec l’ordre de mission distribué par l’adjudant-chef, nous nous rendions sur le véhicule désigné pour effectuer le meilleur réglage possible des moteurs. Notre camaraderie était bonne. L’équipe de chaque véhicule à contrôler nous recevait courtoisement. Après 18 heures, nous regagnions notre tente individuelle que chacun aménageait à sa guise.

Départ vers l’Angleterre

Un matin d’avril 44, on nous annonce le départ prochain de tout le régiment vers une destination inconnue. Chacun dans son véhicule nous nous retrouvons sur le port de Casablanca où nous découvrons une ville blanche comme Alger et des centaines de bateaux d’où montaient quantité de ballons-pièges pour les avions ennemis qui auraient été tentés d’attaquer l’armada.

Des Liberty-Ships ces cargos américains dont la capacité de transport était d’environ 10.000 tonnes, ouvraient leurs énormes portes à une cinquantaine de chars Sherman, des camions GMC, des auto-chenilles et autres véhicules qui s’engouffraient dans les soutes. Nous devions les fixer avec des chaînes dans le vacarme incroyable d’un départ imminent.

Le 8 avril 1944, tous les bateaux remplis de matériels et de milliers de soldats quittent le port de Casablanca et s’alignent pour former un convoi qui contournera les Acores de façon à éviter les sous-marins allemands.

Après treize jours de mer nous arrivons à Port Talbot ville industrielle et port du Pays de Galles situés à l’est de la baie de Swansea. Là, près du port, à la gare, des trains nous attendaient pour nous transporter à notre point de ralliement.

Le 23 avril 1944 le 12eme RCA arrive à Fimber Station, une gare importante dans le Yorkshire non loin de la petite ville de Garton-on-the-Wolds, pour y être stationné à proximité. Durant trois mois nous sommes restés en face de cette gare sur une prairie en pente douce couverte d’herbe. Les véhicules stationnaient à gauche et les marabouts qui abritaient chacun une trentaine de soldats à droite.

Durant douze semaines environ nous avons soudés sur les tourelles des chars des plaques d’acier blindé de six centimètres d’épaisseur. Pendant cette période nous recevions aussi de grosses caisses en bois avec des notices de renseignements pour assembler des centaines de pièces détachées de jeep et autres engins. Aussitôt montés par nos soins, ces véhicules étaient pris en charge par des militaires sans affectation particulière.

Le grand départ pour le combat sur le sol français

Le 24 juillet 1944 nous étions à Southampton pour embarquer vers la France. Je fus mis dans le même type de navire que celui qui m’avait transporté de Casablanca à Port Talbot en Angleterre quelques mois auparavant, un Liberty Ships.

Avec mes coéquipiers j’ai d’abord fixé solidement au fond du navire le Sherman qu’on nous avait attribué. La Manche était calme et j’étais fort impressionné par la quantité de bateaux de toutes sortes qui franchissaient ensemble l’espace qui nous séparait de la France.

Le 1er août nous débarquons en France sur la plage de Saint-Martin de Vareville à 36 kilomètres de la ville de Saint-Lo, l’une des cinq plages du débarquement de Normandie du 6 juin (secteur Utah Beach). La 2ème DB va participer à la campagne de Normandie et plus précisément à l’encerclement des troupes allemandes et à la réduction de la poche de Falaise. C’est à partir de cette terre de France où je mettais les pieds pour la première fois que nous nous déployons. Sur cette plage le Général Leclerc est passé tout près de moi. J’ai eu l’honneur de lui serrer la main. Un moment fort d’émotion.

La Deuxième DB faisait partie de la 3ème armée américaine commandée par le Général Patton. Notre armement était à la mesure des évènements. La quantité de véhicule était impressionnante ce qui nous donnait des ailes. Je saurais par la suite qu’elle était constituée de 4200 véhicules, 200 chars, 650 canons, 2200 mitrailleuses et d’environ 16 000 soldats.

Le premier jour de combat notre régiment, le 12ème RCA, a perdu onze chars et donc de nombreux amis. Le blindage des Sherman ne résistait pas à la puissance des tirs des chars d’assaut allemands les fameux « Panther » pas très mobiles, avec une forte puissance de feu et une protection très efficace. J’ai eu à écrire de nombreuses lettres à nos amies anglaises qui avaient perdu le fiancé avec qui elles avaient espéré partager leur vie après la guerre. Ce fut pour moi les plus tristes moments de cette période.

Comme nos repas étaient toujours des boites de conserves reçues de l’intendance française mais de fabrication américaine, du corned-beef et des haricots à la sauce tomate, dès que nous apercevions une ferme, l’un des trois occupants du char allait discuter avec le fermier pour échanger nos boîtes contre du beurre, un lapin ou une poule...

Une avancée vigilante vers Paris

Durant notre progression dans l’ouest de la France pas encore totalement libérée des allemands, la moindre inattention de nos officiers pouvait coûter très cher

Près du village Les Mées dans le secteur de Mamers dans la Sarthe, nous devions attaquer une position allemande. Chaque régiment avait rejoint sa place désignée par l’Etat Major et nous attendions les ordres de nos officiers pour l’attaque, quand trois avions, des Thunderbolt américains, arrivent vers nous. Assis sur la tourelle de mon char, je vois le premier avion piquer vers nous. Je sens le danger et me laisse glisser la tête la première jusqu’au fond du char. Là, immobile, je ressens les secousses des chapelets de bombes et de grenades lâchées sur nos chars d’assaut prêt à combattre. C’est alors qu’un ordre nous parvient de sortir les panneaux fluorescents de couleur que nous avions à bord et de les fixer sur le dessus de nos véhicules. Nos propres aviateurs nous avaient pris pour l’ennemi avec ordre de le détruire.

Les aviateurs américains découvrant leur méprise faisaient des passages et des manoeuvres en guise d’excuses. Ceux qui avaient oublié de nous faire sortir les panneaux de couleur sont responsable de la mort ou des blessures de beaucoup de nos camarades.

Je me souviens aussi d’un autre moment qui m’a beaucoup marqué. Après de rudes combats, il y eu un peu d’accalmie. Après l’attaque de chars de combats sur une position allemande nous devions rejoindre un lieu indiqué sur nos cartes d’état major. Nous levons le camp à l’heure annoncée et traversons le village où les habitants heureux de nous voir et d’entendre parler français nous mettent en garde : les allemands sont partis depuis dix minutes seulement du village.

Nous nous engageons cependant sur la route, à quelques centaines de mètres un virage sans visibilité sème l’inquiétude dans nos rangs. Un silence peu rassurant nous entoure, le silence de la guerre. Notre lieutenant désigne l’adjudant-chef pour aller reconnaître en jeep la route après ce virage afin de ne pas risquer l’engagement de tout l’atelier dans un guet-apens.

Nous restons en ligne au bord de cette route silencieuse quand un coup de canon assourdissant nous fait tous sursauter. Nous apercevons peu de temps après l’ordonnance courir vers nous dégoulinant de sang et criant pour nous faire rebrousser chemin. Un Panzer allemand venait de détruire la jeep tuant l’adjudant et le sergent...

La dernière étape la vallée de Chevreuse

Finalement notre progression vers Paris s’est déroulée sans trop de difficulté. Nous sommes arrivés le 21 août dans la vallée de Chevreuse à 30 kilomètres environ au sud-ouest de Paris. Moi qui venais d’Algérie où l’été ne permettait pas l’abondance de feuillage hormis la vigne, je n’avais jamais vu un endroit aussi verdoyant au mois d’août.

Le 22 août la ville de Chevreuse est évacuée par les Allemands. Au soir du 23 août 1944 les soldats de Leclerc sont aux portes de Chevreuse. Le 24 août à 7 heures 30 du matin les premiers blindés de Leclerc entrent dans la ville de Chevreuse.

Nous avions rendez-vous à l’entrée ouest de la ville à 10heures. La route est libre, nos deux Sherman, l’un en tête, l’autre en queue, enserrent la colonne des 12 GMC et les deux jeeps des gradés. Nous avançons par une belle journée ensoleillée. Mais un silence oppressant nous maintien en éveil. Nous ralentissons lorsque nous commençons à entendre les premiers coups sourds des mortiers ennemis. Nous recevons l’ordre de faire demi-tour, notre Sherman se met en tête pour effrayer l’ennemi. Il est suivi d’un second Sherman, l’half-track commence son tir avec la mitrailleuse de 50 et arrose tout ce qui nous entoure.

Les GMC font progressivement demi-tour et dès la fin de la manoeuvre nous nous replions en bon ordre cette fois sans perte d’hommes. Nous rejoignons les chars de combats de notre régiment qui ont amorcé le départ pour la délivrance de Chevreuse.

C’est donc par la vallée de Chevreuse que nous avons progressé vers Paris. Je me rappelle avoir été marqué tout au long du parcours par les nombreux cadavres de soldats allemands qui jonchaient le bord des routes et les trottoirs sur notre itinéraire.

Traversée de Malakoff et enfin la capitale

Le 24 août nous nous sommes arrivé dans la proche banlieue de Paris dans une atmosphère lourde, mais dans l’enthousiasme remarquable de la population des villes traversées. L’excitation nous gagnait car nous étions proche du but : la libération de la capitale. Nous étions informés des évènements qui se passaient. Nous avions conscience que nous participions à l’histoire.

La traversée de Clamart, Malakoff et Issy-les-Moulineaux fut rapide. A Malakoff la Division passa par la Porte de Chatillon et le Clos Montholon. Je ne me souviens plus les rues exactes par lesquelles nous avons traversé Malakoff. Je me rappelle toutefois que les gens déblayaient les barricades pour laisser passer nos chars.

Le 25 août ce fut notre entrée dans Paris. L’accueil des habitants était délirant. Les chars et GMC du régiment étaient stationnés près de la rue Lauriston où habitait ma marraine de guerre au numéro 100. Nous avons eu la permission d’aller sans armes nous promener dans Paris. Le Général de Gaulle devait s’adresser à la foule et défiler sur les Champs Elysées. J’étais proche de l’Arc de Triomphe quand des tirs allemands ou de miliciens montés sur les toits tiraient sur tout ce qui bougeait. Nos calots militaires de différentes couleurs furent vite retirés pour ne pas devenir une cible. Je vois encore les secouristes avec leur civières montées sur des roues de bicyclette s’entrecroisant et disparaissant pour emporter les blessés vers les hôpitaux. L’ambiance était à la fois électrique et inquiétante.

De retour à la rue Lauriston je récupérai ma mitraillette. Mais je ne pu tirer une seule balle. Sur les toits de Paris comment distinguer d’en bas les mauvaises et les bonnes silhouettes.

Alors que la Division Leclerc poursuivra son glorieux combat vers l’est, je serai pour ma part cantonné jusqu’au mois d’octobre 1945 à Saint-Germain en Laye avec une nouvelle équipe de mécaniciens. J’ai gagné mon grade de brigadier et rencontré de très bons amis qui m’ont aidé à passer le concours d’entrée à l’Ecole Nationale Technique de Strasbourg.

Démobilisé le 8 octobre 1945 j’ai pu rejoindre l’Ecole Nationale Technique de Strasbourg où je venais d’être reçu pour une formation, le début d’une longue vie professionnelle qui me conduira à enseigner de nombreuses années au Lycée Louis Girard de Malakoff. Mais çà, c’est une autre histoire ».

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19 AOUT 1944
Et Malakoff se libéra

Les différents témoignages recueillis ces dernières années après des anciens de Malakoff concordent : en 1944 la ville se libérait sans coup férir. En ces journées décisives, une Résistance bien présente et organisée était sortie de l’ombre pour sécuriser la population. C’est ce qui ressort du témoignage d’un jeune FFI Jacques Desbordes cité par Jacques Perrier dans un ouvrage paru en 1994 sur la Libération dans les Hauts-de-Seine.

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Les différents témoignages recueillis ces dernières années après des anciens de Malakoff concordent : en 1944 la ville se libérait sans coup férir. En ces journées décisives, une Résistance bien présente et organisée était sortie de l’ombre pour sécuriser la population. C’est ce qui ressort du témoignage d’un jeune FFI Jacques Desbordes cité par Jacques Perrier dans un ouvrage paru en 1994 sur la Libération dans les Hauts-de-Seine.

… « Quarante huit heures avant que Rol-Tanguy (1) lança son ordre de mobilisation générale depuis son nouveau PC de Montrouge, le 17 août, vers sept heures du matin, un obus de DCA tomba à l’angle de l’actuelle boulevard Gabriel Péri et de la rue Renault, à l’endroit où une centaine de personnes faisaient la queue pour avoir un peu de lait frais et quelques légumes. Les éclats firent quinze victimes, dont cinq moururent presque aussitôt. La colère de la population éclat d’un seul coup. Ceux qui connaissaient des résistants leurs demandèrent d’intervenir : « Faites quelque chose, on ne va pas se laisser massacrer, alors que les alliés sont à 150 kilomètres de Paris ! ».

Pour rassurer les habitants, les FFI et les FTP organisèrent alors des patrouilles armées. En les voyant, le maire collaborateur de Malakoff, Georges Guillet (2), jugea prudent de fuir… Le 19 août, à l’heure du laitier, les FTP avec Jules Malzac, responsable des milices patriotiques investissent la mairie. En moins d’une heure, la prise de la mairie fut connue de toute la population et, bientôt, le parvis de la cour de la maison publique (alors rue Victor Hugo) rassembla plusieurs centaines de personnes.

Dans le même temps, les FFI de Jacques Desbordes (3) occupaient le commissariat de police. Les deux points stratégiques de Malakoff furent ainsi aux mains de la Résistance.

CONSTRUCTION DE TROIS BARRICADES

Vingt quatre heures passèrent sans incident notable. Le 21 août, dans la matinée, tomba l’ordre de rendre Malakoff inexpugnable. Il fallait isoler la ville et la rendre impénétrable à l’ennemi en construisant des barricades sur des axes précis. Ce qui fut fait avec le concours de très nombreux Malakoffiots. Les FFI pour leur part, devaient édifier des barrages avenue du 12 février 1934, près du dépôt d’autobus, l’autre route de Montrouge à la hauteur de la pharmacie Roux (aujourd’hui légèrement déplacée) et enfin rue Pierre Larousse et route de Châtillon. Le plan avait été parfaitement imaginé. A plusieurs reprises des engins blindés allemands qui fuyaient devant les troupes alliées durent faire demi-tour. L’un d’eaux qui ne manoeuvra pas assez rapidement fut incendié par un cocktail Molotov.

Mais la libération de Malakoff ne fut pas seulement l’enthousiasme car la ville connu des victimes. C’est ainsi que Gabriel Crié et Marcel Guittet furent tués à Vanves en transportant un blessé et Jean Monneron et Eugène Vaugeois à Montrouge.

Le 23, alors que Leclerc n’était pas encore arrivé à Rambouillet, Malakoff fit des funérailles grandioses à ses quatre héros. Un cortège de deux mille personnes, protégé par des FFI et des FTP en armes, accompagna les cercueils de la mairie jusqu’au cimetière.

Le lendemain, il fallut détruire les barricades pour laisser passer la deuxième DB. « Ce fut plus long que prévu et les soldats français durent aider les habitants de Malakoff pour gagner du temps ». Un jeune lieutenant leur dit même : « Finalement, vous n’aviez pas besoin de nous, vous vous êtes très bien débrouillés seul »…

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Sources :

Malakoff info numéro 160.

La Libération dans les Hauts-de-Seine, (1944-1994) de Jacques Perrier, livre publié à l’occasion du 50ème anniversaire de la Libération.

(1) Le Colonel Rol-Tanguy fut le chef des Forces Françaises pour l’Intérieur de l’Ile-de-France. Il avait installé son premier PC clandestin au 11 rue François Coppée à Malakoff jusqu’à la fin de 1943.

(2) Georges Guillet fut président de la Délégation spéciale de Malakoff (maire collaborateur donc), nommé par le  préfet de la Seine aux ordres du gouvernement de Pétain.

(3) Jacques Desbordes était un étudiant au Lycée Louis-le-Grand à Paris quand il recruta de jeunes ouvriers et quelques scouts. En 1943, ils furent une trentaine armés de 6 révolvers, 3 fusils et 17 poignards. A la Libération, ils rejoindront une compagnie de FFI ;

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AOUT 1944
Et Malakoff se libéra : témoignages

A l’occasion du cinquantenaire de la Libération de Malakoff le 19 août 1944, le journal municipal Malakoff-info publia dans plusieurs numéros des témoignages de personnes ayant vécu la Libération de la Ville. Nous reprenons ici quelques extraits de ces témoignages précieux pour la mémoire historique de notre ville.

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A l’occasion du cinquantenaire de la Libération de Malakoff le 19 août 1944, le journal municipal Malakoff-info publia dans plusieurs numéros des témoignages de personnes ayant vécu la Libération de la Ville. Nous reprenons ici quelques extraits de ces témoignages précieux pour la mémoire historique de notre ville.

Archives Municipales Août 1944

UNE ALLEGRESSE INCROYABLE

« Je me souviens du jour où les Résistants sont venus reprendre la Mairie. Cà s’est passé sans bagarre. Les jours suivants, on s’est battu, mais pas de notre côté. On n’osait pas sortir. A un moment, en cherchant à la radio d’autres émissions que l’information officielle, on a entendu la voix de Rol-Tanguy qui parlait depuis les catacombes de Paris.
Et puis, on a appris que la Division Leclerc arrivait par la route d’Orléans. On y a couru. Les soldats sur les chars nous donnaient du chocolat, des cigarettes ou des conserves américaines. J’ai reçu des haricots à la marmelade. On les a lavés pour les manger.
C’était partout une allégresse incroyable. Les gens s’embrassaient dans la rue et mettaient des drapeaux aux fenêtres. Ma mère en avait fait un avec des bouts de tissus... »
 
Giselle Andel (20 ans en 1944) habitait rue Victor Hugo, en face de la mairie. Témoignage extrait de Malakoff-info N° ; 160 (1994)
 
NOUS SOMMES ALLES REPRENDRE LA MAIRIE
... « Je venais de sortir de l’hôpital. Le 19 août 1944, j’avais rendez-vous avec des amis au 5 rue Louis Blanc, où on distribuait ce jour là les tickets de ravitaillement. De là, nous sommes allés reprendre la mairie. Guillet (qui administrait la ville pour le gouvernement de Pétain) s’était enfui la veille. Le personnel communal fut ravi de nous accueillir. C’est ainsi que le Comité local de Libération s’installa à la mairie.
Le lendemain on construisait les barricades. Il y en avait une près de chez moi, sur la route de Vanves (aujourd’hui boulevard du Colonel Fabien), où un jeune se fit tuer. Une partie des chars alliés arrivèrent par là, puis filèrent par la rue Jules Guesdes jusqu’au fort de Vanves encore tenus par les allemends. Les gens étaient dans la rue et aux fenêtres pour applaudir...
On a bu le vin de la Libération. C’était une piquette imbuvable, mais ça ne nous a pas empêché de faire la fête... »
 
Adrien Grandpierre, ancien prisonnier de guerre, rapatrié pour cause de maladie en 1943. Habitait rue Jules Guesde. Témoignage extrait de Malakoff-infos N° ; 160, (1994)

 

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ETE 1944 : LA LIBERATION
Appel à la population de Malakoff

La Libération a été pour les habitants de Malakoff un soulagement et pour un certain nombre une période d’engagements et de sacrifices. Le Comité local de Libération, constitué dans la clandestinité, administrera la ville. Eté 1944, monsieur Nicolaï Président du Comité de Libération de Malakoff prononça une allocution que nous reproduisons ici.

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La Libération a été pour les habitants de Malakoff un soulagement et pour un certain nombre une période d’engagements et de sacrifices. Le Comité local de Libération, constitué dans la clandestinité, administrera la ville. Eté 1944, monsieur Nicolaï Président du Comité de Libération de Malakoff prononça une allocution que nous reproduisons ici.

Quatre ans d’humiliation, de souffrance et de deuil sont aujourd’hui payés, effacés et vengés, par cet instant qui nous rassemble sous le claquement fier et libre de nos trois couleurs, étreints d’une même émotion et transportés d’une même joie sans limite.

Quatre ans d’humiliation, de souffrance et de deuil mais non pas d’abandon : non pas de désespoir, car nous n’avons jamais abandonné, mais n’avons jamais désespéré vous et nous parce que, au fond de nos cœurs brûlait sourdement l’amour sacré de la Patrie.
 
Cette patrie, les fers qui la tenaient garottées sont un à un brisés par l’élan magnifique des magnifiques armées alliées. L’ennemi abhoré ployant déjà sous le vent des déroutes s’enfuit, ne laissant derrière lui qu’exécration et haine : une exécration et une haine largement justifiées par le régime de terreur sanglante dans lequel il prétendait tenir un peuple qui toujours préféra la mort à la servitude.
 
Mais à notre allégresse la douleur est mêlée et la peine assombrit notre joie. Pensons à ceux des nôtres qui ont payé de la vie leur attachement à la Liberté et leur amour pour le Pays.
 
Pensons à nos compatriotes Louis Laurent, François Herpin, Georges Paulin, Leprêtre, André Coin qui, sous les balles nazies ont clamé leur foi dans la Patrie, et, au moment suprême, ont su ne pas faiblir, et pensons à nos camarades Jean Monneron, Eugène Vaugeois, Léon Guittet et Gabriel Crié, soldats volontaires de l’armée du brassard, tombés hier au Champs d’Honneur en service commandé.
 
Unissons dans la même ferveur nos amis Rotzinger, Mergault et Beauchamps blessés en combattant.
Pensons à eux et recueillons-nous en méditant leur sacrifice. Ils commencent à être vengés. Demain, sur leur tombeaux ,les fleurs seront plus belles.
 
Je dois maintenant en qualité de président du Comité de Libération de Malakoff vous exposer la situation municipale de la commune.
Le Comité de Libération a pu être formé après un long, patient et dangereux travail de recrutement et de propagande. Il est parvenu à rassembler les représentants de seize groupements clandestins existant sur le territoire de la commune. Il a parallèlement organisé les milices patriotiques.
 
Je tiens à déclarer que le Comité de Libération a été crée suivant les directives du Comité Parisien de la Libération, lui-même émanation directe du Gouvernement Provisoire de la République que dirige le Général de Gaulle.
 
A Malakoff, vous le savez, la municipalité appartenait, par la vertu du suffrage universel, au Parti communiste.
Il a paru équitable au Comité Parisien de la Libération que le Parti Communiste qui, malgré les coups d’une répression sans merci a toujours été et est encore à l’extrême point du combat libérateur retrouvât les sièges dont l’arbitraire l’avait frustré.
 
Mon rôle est donc de vous faire connaître cette décision et de vous demander d’accorder toute votre confiance aux militants courageux et désintéressés qui prennent en mains, dans des circonstances difficiles, l’administration de la commune.
 
Habitants de Malakoff, restez uni dans la liberté reconquise comme vous l’avez été dans la contrainte. Gardez au cœur un amour passionné pour notre France impérissable. Après un long effacement dans les ténèbres son visage ressurgit à nouveau et resplendit au grand jour plus rayonnant que jamais et comme plus radieux d’être encore baigné de larmes.
 

 

VIVE LA FRANCE

 

 

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