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Françis Herpin, résistant, fusillé au Mont Valérien en 1941
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Francis Herpin figure parmi les victimes de la répression allemande dont les noms demeurent inscrits dans la mémoire de Malakoff. Son existence fut brève, à peine vingt-six années, mais elle résume à elle seule le destin de nombreux jeunes ouvriers de la banlieue parisienne qui, confrontés à l’Occupation, choisirent l’engagement plutôt que la résignation. Ouvrier chez Renault, militant communiste, arrêté puis fusillé comme otage au Mont-Valérien en septembre 1941, il incarne l’une des premières générations de résistants tombés sous les balles de l’occupant.

Francis Isidore Jean Herpin naît le 8 novembre 1914 au lieu-dit Ballandé, sur le territoire de la commune de Peyrat-Château, dans la Haute-Vienne. Il est le fils de François Armand Herpin, menuisier, et d’Angèle Lebessou.

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, de nombreux Limousins quittent leurs campagnes pour rejoindre Paris et sa banlieue, attirés par le développement industriel et les perspectives d’emploi. Francis Herpin suit ce mouvement migratoire, il s’installe à Malakoff.

Ouvrier maçon de profession, il travaille aux usines Renault de Boulogne-Billancourt. L’immense complexe industriel de Billancourt constitue alors l’un des principaux centres ouvriers de France, regroupant plusieurs dizaines de milliers de salariés. Ses convictions l’amènent à militer dans les organisations communistes implantées à Malakoff.

Francis Herpin réside successivement au 68 rue Paul-Vaillant-Couturier puis au 2 rue Mirabeau à Malakoff. Plus tard, il rejoint son père devenu veuf au 9 rue d’Arcueil, à Châtillon-sous-Bagneux. Sa santé paraît fragile puisqu’il séjourne en 1939 au sanatorium de Bligny, établissement spécialisé dans le traitement des affections pulmonaires, particulièrement la tuberculose qui demeure alors un fléau social. Réformé pour raisons médicales, il n’est pas mobilisé lors de l’entrée en guerre de la France en septembre 1939.

Dans les grandes usines de la région parisienne, les autorités allemandes cherchent rapidement à remettre la production en marche au profit de leur économie de guerre. Les établissements Renault deviennent un enjeu stratégique majeur.

À partir de l’été 1941, la résistance communiste entre dans une phase plus active. La diffusion de tracts, les inscriptions patriotiques et les sabotages industriels se multiplient. Dans les ateliers Renault, plusieurs actes de malveillance sont constatés. Des courroies de transmission de machines-outils sont sectionnées, provoquant des perturbations dans la production. Pour l’occupant, ces actes constituent une menace directe.

La police française participe activement aux enquêtes. Le 21 août 1941, Francis Herpin est arrêté sur son lieu de travail. Son implication dans les sabotages est soupçonnée sans que les recherches effectuées à son domicile n’apportent d’éléments décisifs. Malgré l’absence de preuves matérielles découvertes lors de la perquisition, il demeure détenu puis est livré aux autorités allemandes.

Les historiens disposent de peu d’éléments permettant de savoir précisément quel rôle jouait Francis Herpin dans l’organisation clandestine. Il n’est pas identifié comme dirigeant régional ou responsable national. Tout indique qu’il appartient plutôt à ces militants de terrain qui assurent le fonctionnement quotidien de la Résistance ouvrière. C’est précisément cette catégorie de résistants qui fut particulièrement exposée durant l’année 1941.

Le destin de Francis Herpin bascule définitivement le 16 septembre 1941. Ce jour-là, le capitaine allemand Wilhelm Scheben est abattu boulevard de Strasbourg à Paris. Les autorités d’occupation exigent immédiatement des représailles. Comme cela devient alors habituel, le choix se porte sur des prisonniers déjà détenus. Douze hommes sont désignés comme otages. Parmi eux figurent plusieurs militants communistes et syndicalistes : René Anjolvy, Antoine Hajje, Georges Pitard, Michelis Rolnikas, Pierre Guignois et Francis Herpin.

Au matin du 20 septembre 1941, les condamnés sont conduits au Mont-Valérien, à Suresnes. principal lieu d’exécution de la région parisienne. Entre 1941 et 1944, plus d’un millier de résistants, d’otages et de combattants clandestins y seront fusillés.

Ce jour-là, Francis Herpin est passé par les armes avec onze autres condamnés. Il a vingt-six ans. Comme beaucoup de fusillés du Mont-Valérien, il ne bénéficie d’aucun véritable procès. Son exécution répond exclusivement à une logique de représailles destinée à intimider la population française.

Le corps de Francis Herpin est inhumé au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine. Après la Libération, son sacrifice est officiellement reconnu. Le 10 juillet 1945, l’État lui attribue la mention « Mort pour la France ». Son nom rejoint ceux des autres fusillés inscrits sur la cloche du Mémorial de la France combattante du Mont-Valérien.

À Malakoff, Son nom figure sur le monument aux morts communal. Une plaque commémorative a été apposée au 68 rue Paul-Vaillant-Couturier, à l’adresse où il vécut avant son arrestation.

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Sources : Dictionnaire Le Maitron, Musée de la Résistance, Mémorial du Mont Valérien


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