2015 : RENOVATION-EXTENSION - L’architecture comme outil de transformation du lycée Louis Girard (5)
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>>ALLEGORIE Les événements de 1870-1871 ont profondément marqué le fort de Vanves. Ils ont démontré à quel point l’évolution de l’artillerie avait rendu obsolètes certaines conceptions défensives du milieu du XIXe siècle. Les infrastructures du fort de Vanves ne résisteront pas aux bombardements des prussiens et par la suite des troupes versaillaises du maréchal Mac-Mahon. Il demeure ainsi l’un des témoins les plus significatifs du siège de Paris et des combats de la Commune dans le secteur de Malakoff. Le fort de Vanves occupait une position stratégique au sud de la capitale. dans le cadre du système défensif imaginé par Adolphe Thiers autour de Paris, Situé alors en pleine campagne, sur le territoire de la commune de Vanves, il formait avec les forts d’Issy et de Montrouge un verrou destiné à protéger l’accès méridional de Paris. Lorsque éclate la guerre franco-prussienne en juillet 1870, le fort devient rapidement l’un des principaux postes avancés de la défense parisienne. Après la défaite de Sedan et la proclamation de la République, les armées prussiennes encerclent progressivement la capitale. Le siège de Paris débute officiellement en septembre 1870 et se prolonge jusqu’au 28 janvier 1871. Durant ces longs mois, le fort de Vanves est constamment en état d’alerte. Sa garnison participe à la surveillance des mouvements ennemis sur le plateau de Châtillon et dans la vallée de la Bièvre. Les batteries du fort prennent part aux échanges d’artillerie qui opposent régulièrement les défenseurs de Paris aux forces allemandes installées sur les hauteurs environnantes. Véritable sentinelle avancée de la capitale, l’ouvrage subit les effets de l’encerclement tout en continuant à assurer sa mission de protection. L’hiver 1870-1871 est particulièrement difficile. Les progrès de l’artillerie moderne révèlent les limites des fortifications conçues trente ans plus tôt. Les forts détachés de la ceinture parisienne, dont celui de Vanves, sont désormais exposés aux tirs de pièces de longue portée. Cette situation met en évidence la vulnérabilité d’un système défensif qui avait pourtant été considéré comme l’un des plus modernes d’Europe lors de sa construction. Malgré ces difficultés, le fort de Vanves tient bon. Alors que Paris souffre du froid, de la famine et des bombardements, la garnison poursuit sa mission jusqu’à la capitulation de la capitale. Le fort résiste pendant près de cinq mois et n’est évacué qu’au lendemain de l’armistice, le 29 janvier 1871. Le fort de Vanves dans la tourmente de la Commune. Après l’armistice mettant fin au siège prussien, le fort de Vanves se retrouve plongé dans un nouveau conflit, cette fois franco-français. Lorsque la Commune de Paris est proclamée le 18 mars 1871, les forts du sud de la capitale deviennent des positions militaires essentielles pour les fédérés, qui cherchent à protéger Paris contre l’armée versaillaise rassemblée autour d’Adolphe Thiers.
Dès le mois d’avril 1871, le fort est soumis à un bombardement presque quotidien. Les batteries versaillaises installées sur le plateau de Châtillon ouvrent le feu avec des pièces lourdes qui tirent à plusieurs kilomètres. Des centaines d’obus s’abattent régulièrement sur les remparts, les casemates et les bâtiments de la garnison. Les défenseurs vivent dans des conditions extrêmement difficiles. Les casernes sont secouées en permanence par les explosions. Les voûtes des magasins à poudre et des casemates résistent, mais les bâtiments extérieurs sont progressivement ruinés. Les communications avec les autres forts deviennent périlleuses. Le bombardement atteint une intensité exceptionnelle au début de mai. Le fort de Vanves se trouve alors pratiquement sous le feu croisé des batteries versaillaises de Châtillon, Clamart et du plateau de Meudon. Le 8 mai 1871, le fort d’Issy, voisin immédiat de Vanves, tombe aux mains des Versaillais après plusieurs semaines de bombardement. Sa perte constitue un tournant majeur. Désormais, le fort de Vanves est davantage exposé. Les troupes de Versailles peuvent rapprocher leurs batteries et concentrer leurs tirs contre lui. Les fédérés comprennent que l’ouvrage ne pourra plus tenir longtemps. Les observateurs de l’époque décrivent un paysage lunaire : parapets éventrés, fossés comblés d’éboulis, traverses pulvérisées, bâtiments incendiés. Le fort n’est plus que l’ombre de lui-même. Entre le 9 et le 13 mai, les bombardements redoublent encore d’intensité. Les défenseurs, épuisés, manquent de munitions et d’hommes. Les dégâts deviennent tels que plusieurs positions d’artillerie ne peuvent plus être utilisées. Les fédérés maintiennent néanmoins le feu afin de retarder l’avance versaillaise vers Paris. Chaque journée gagnée doit permettre à la Commune de renforcer les défenses de l’enceinte urbaine. Dans la nuit du 13 au 14 mai, les derniers défenseurs reçoivent l’ordre d’évacuer le fort. Profitant de l’obscurité, ils abandonnent les ruines de l’ouvrage et se replient vers Montrouge et les quartiers sud de Paris. Au matin, les troupes versaillaises découvrent un fort quasiment détruit. La chute du fort de Vanves représente bien davantage qu’une simple victoire tactique. Avec les prises successives des forts d’Issy puis de Vanves, l’armée versaillaise dispose désormais d’excellents points d’appui pour préparer l’assaut final contre la capitale. Quelques jours plus tard, le 21 mai 1871, les troupes de Mac-Mahon pénètrent dans Paris par la porte de Saint-Cloud. Commence alors la « Semaine sanglante », qui entraîne l’écrasement de la Commune. Pour les habitants de Malakoff de l’époque, les explosions étaient visibles et audibles quotidiennement. Depuis les carrières, les maisons ouvrières et les terrains encore peu urbanisés qui entouraient le fort, on pouvait observer les gerbes de terre soulevées par les obus et les incendies qui ravageaient les bâtiments militaires. La guerre était alors omniprésente dans le paysage, à quelques centaines de mètres seulement des futures rues de la ville.
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