2015 : RENOVATION-EXTENSION - L’architecture comme outil de transformation du lycée Louis Girard (5)
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Après plusieurs années de travaux, la restructuration-extension du lycée professionnel Louis-Girard achevée en 2013 a constitue une belle opération architecturale. Plus qu’une rénovation, le projet a profondément transformé l’organisation et l’image du lycée. C’est un établissement largement réinventé qui s’est offert aux élèves. Derrière les façades familières du lycée ouvert en 1955 se cachait désormais un projet architectural entièrement repensé. Et c’est probablement cette idée de continuité entre patrimoine, formation et modernité qui résume le mieux l’opération de rénovation du lycée Louis-Girard.
Le projet de rénovation a été confié à l’agence INCAA-Carril Architectes lauréat d’un concours en 2008 L’opération représentait une surface totale de 6 164 m², comprenant à la fois les parties restructurées et les extensions nouvelles. Le coût des travaux s’élevait à 16,8 millions d’euros hors taxes. Le maître d’ouvrage était la Région Île-de-France et le projet était réalisé dans le cadre d’une opération conduite avec le groupe immobilier Icade Promotion. L’agence INCAA-Carril s’est attaché à résoudre cette question fondamentale : comment redonner une unité à un établissement des années 1950, sans pour autant effacer son histoire ? La réponse des architectes tient dans un geste simple mais structurant : la création d’un axe central traversant l’établissement. Véritable rue intérieure, cette percée relie désormais l’entrée aux différents pôles d’enseignement et devient l’épine dorsale du lycée. Loin d’être un simple lieu de passage, le nouveau hall est devenu le centre névralgique du lycée. Ouvert, lumineux et traversant, il assure la liaison entre les différentes parties de l’établissement tout en offrant un espace de rencontre adapté à la vie scolaire quotidienne d’aujourd’hui. La lumière naturelle a occupé également une place essentielle dans le projet de rénovation. Les architectes ont multiplié les transparences et les ouvertures afin de créer des perspectives visuelles entre ateliers, circulations et espaces extérieurs. Cette porosité contribue à unifier l’ensemble Longtemps séparés les uns des autres, plusieurs espaces sont désormais reliés par un vaste préau qui agit comme une articulation entre les différents parties des bâtiments. Cette intervention transforme des espaces auparavant résiduels en véritables lieux de vie. Au-delà de ses qualités architecturales, la restructuration a répondu naturellement aux besoins spécifiques d’un lycée professionnel du 21ème siècle. Les ateliers techniques, les salles spécialisées et les espaces d’enseignement ont été adaptés aux évolutions des formations industrielles et technologiques dispensées dans l’établissement. La transformation du lycée Louis-Girard apparaît donc comme un exemple réussi de réhabilitation d’un patrimoine scolaire existant. Plutôt que de recourir à la démolition-reconstruction, les concepteurs ont choisi de travailler sur la recomposition des espaces, la qualité des parcours et la lumière. Le résultat illustre une évolution profonde de l’architecture scolaire contemporaine. Les établissements ne sont plus conçus comme de simples lieux d’enseignement mais comme de véritables espaces de vie, capables de favoriser les échanges, d’améliorer le confort des usagers et de valoriser les formations qu’ils abritent. Dans le cas du lycée Louis-Girard, le choix de la restructuration plutôt que celui d’une démolition-reconstruction totale répondait à plusieurs logiques. D’abord, une partie importante du bâti demeurait techniquement exploitable. Détruire l’ensemble aurait représenté un coût supérieur, ainsi qu’un chantier plus long et plus complexe. La contrainte foncière a également joué un rôle. Implanté dans le tissu urbain dense de Malakoff, le lycée ne disposait pas des réserves foncières permettant de reconstruire un établissement neuf à côté de l’ancien avant déménagement. Une démolition totale aurait nécessité soit une fermeture temporaire du site, soit la mise en place d’installations provisoires importantes pour accueillir les élèves pendant plusieurs années. Au lieu d’effacer l’histoire du lieu, les architectes ont cherché à réutiliser les structures existantes, à les compléter et à les réorganiser car il existait aussi une logique architecturale dans le batiment historique conçu par l’architecte André Sogorb. Les concepteurs ont considéré que le problème principal n’était pas la vétusté générale des bâtiments mais leur manque de cohérence. Dès lors, l’enjeu n’était pas de repartir de zéro mais de « réparer » un ensemble existant en lui redonnant une organisation claire pour les besoins de la formation professionnelle d’aujourd’hui. La restructuration de 2015 s’inscrit donc dans la continuité de cette histoire plutôt que dans une rupture complète. L’histoire du lycée Louis-Girard est celle d’un établissement qui a su traverser les mutations de l’industrie, de l’enseignement et de l’architecture scolaire sans perdre sa mission première : former des générations de jeunes aux métiers techniques. Sa restructuration de 2015 n’a pas effacé cette histoire ; elle lui a donné un nouveau cadre et une nouvelle lisibilité. C’est sans doute ce qui fait aujourd’hui l’intérêt patrimonial du lycée : il est à la fois un héritage de la reconstruction des années 1950, un témoin de l’évolution de l’enseignement professionnel et un exemple récent de transformation architecturale réussie. Article réalisé en partie avec l’intelligence artificielle pour les recherches techniques |