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Le lycée Louis-Girard, dont la construction s’est déroulée entre 1950 et 1954, a été édifié dans le secteur sud de Malakoff non loin du Fort de Vanves dénommé le Fond des Groux marqué par la présence ancienne de carrières souterraines. Comme pour de nombreux aménagements privées et publics dans la commune au XXᵉ siècle, la question de la stabilité du sous-sol pour l’édification des bâtiments du nouveau lycée professionnel a demandé des travaux importants de consolidation et de comblement préalables.
Le terrain choisi pour la construction du lycée Louis-Girard se trouvait dans un secteur affecté par les anciennes carrières souterraines de Malakoff. Une grande partie de la commune repose en effet sur d’anciennes carrières de calcaire,. Pour les équipements publics importants construit depuis le début du XXᵉ siècle, il était nécessaire de procéder à des consolidations du sous-sol, par injection ou remblaiement des vides repérés par l’Inspection générale des carrières. Le lieu-dit du Fond des Groux dans le sud de Malakoff, à proximité du Fort de Vanves apparaît déjà dans des actes de propriété du XVIIᵉ siècle, Pour l’histoire de Malakoff, le Fond des Groux appartient donc à la couche la plus ancienne de la toponymie locale, héritée du territoire rural qui précédait la création de la commune en 1883. Le nom devait déjà désigner une pièce de terre, un ensemble de parcelles ou un terroir bien identifié sous l’ancienne paroisse de Vanves. Le terme « fond » est fréquent dans les noms de lieux anciens et désigne généralement un terrain bas, un creux, une dépression ou une partie inférieure d’un terroir. Son nom témoigne de l’ancien paysage rural qui occupait ce secteur avant l’urbanisation de Malakoff. Le mot « fond » désigne vraisemblablement un terrain situé en contrebas, tandis que « groux » pourrait faire référence à la nature pierreuse du sol, graveleux ou difficiles à cultiver.. Cette dénomination a traversé les siècles jusqu’à nos jours, survivant à la disparition des champs, des carrières et des champignonnières. En 1881 selon les archives locales, les anciennes carrières du Fond des Groux avaient trouvé une nouvelle vocation. Après avoir fourni durant des décennies la pierre destinée aux constructions parisiennes, les galeries furent investies par les maraîchers et cultivateurs de champignons. Dans ces souterrains naturellement frais et humides prospéraient les célèbres champignons de Paris. Cette activité discrète mais rentable prolongeait l’exploitation du sous-sol malakoffiot bien après la fin de l’extraction de la pierre. Ainsi, avant de devenir un lieu d’enseignement, le sous-sol qui supporte les bâtiments du lycée participa à deux activités souterraines caractéristiques de l’histoire économique du bassin parisien. Les carriers avaient laissé place aux champignonnistes, qui exploitèrent à leur tour ces vastes espaces creusés dans la roche. Ce n’est qu’avec l’urbanisation croissante de Malakoff et les opérations de remblaiement destinées à sécuriser le terrain que cette activité disparut progressivement, laissant place à la construction des équipements publics de la seconde moitié du XXᵉ siècle. Les élèves du lycée ignorent souvent qu’avant les salles de cours et les ateliers le sous-sol qui supporte leur établissement fut successivement une carrière de pierre, puis un domaine de culture souterraine des champignons avant de devenir un quartier voué à l’éducation, à la formation professionnelle et à la promotion sociale. Les fondations du lycée reposent ainsi sur plusieurs siècles d’activité ouvrières et professionnelles dont les anciennes carrières constituent encore aujourd’hui la mémoire invisible. |