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Au cœur de Malakoff, sur le boulevard Gabriel-Péri, l’ancien square Corsico un peu oublié s’est mué en laboratoire de nature et de citoyenneté : la ferme urbaine. Inaugurée en 2018 elle est devenue l’un de ces lieux rares où la ville semble respirer autrement, plus collectivement, plus durablement. Auparavant le square Corsico était un espace vert comme tant d’autres : quelques arbres, des bancs, un sol fatigué par les passages répétés. Un lieu de passage plus que de vie. Aujourd’hui, sur 1 800 m², potager-verger inspiré de la permaculture, jardin pédagogique et deux brebis en écopâturage Alpha et Nova composent désormais un paysage inattendu. L’endroit n’a rien d’une ferme décorative : ici, les habitants récoltent ce qu’ils ont eux-mêmes planté. les animaux entretiennent réellement les espaces verts, les composteurs tournent à plein régime.
À l’entrée, les composteurs collectifs ne désemplissent pas. Ils accueillent les biodéchets d habitants du quartier, qui viennent déposer leurs épluchures Le compost produit sert ensuite à enrichir les sols du potager. Rien ne se perd, tout se transforme. Cette boucle vertueuse, simple en apparence, est l’un des piliers de la ferme. Elle incarne une vision de l’écologie qui n’est ni punitive ni théorique, mais quotidienne, concrète, accessible. Le potager-verger, installé au fond du site, est un patchwork de cultures inspirées de la permaculture. On y trouve des tomates anciennes, des aromatiques, des petits fruits, des fleurs comestibles. Mais ce qui frappe, ce n’est pas tant la diversité des plantes que celle des jardiniers. Retraités, familles, étudiants, nouveaux arrivants, anciens du quartier : chacun apporte sa manière de faire, ses recettes, ses souvenirs. Le potager devient alors un lieu de transmission. On y échange des graines, des conseils, des anecdotes. On y parle de sécheresse, de biodiversité, de compost, mais aussi de la vie du quartier, des écoles, des projets municipaux. Au centre du site se dresse la maison Wangari Maathai, un pavillon écologique conçu et construit avec les habitants, sous la houlette de l’association Bellastock. Bois, paille, terre : le bâtiment est un manifeste architectural, réversible et frugal, pensé pour minimiser l’impact sur un sol fragilisé par d’anciennes carrières. Le projet de ferme urbaine a séduit bien au-delà de Malakoff. Dès 2017, il reçoit un prix Eco actions pour son caractère innovant et participatif. En 2024, la Métropole du Grand Paris lui décerne le Trophée de l’économie circulaire et solidaire, saluant la transformation exemplaire d’un banal square municipal en espace écologique partagé et qui devrait dans les années à venir bénéficier d’une belle extension.
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